dimanche 9 juin 2013

Au secours

Quand je pars de Montpellier pour la deuxième fois je marche longtemps. Il y a un coin où, dès que je pose mon sac, quelqu’un me prend. C’est un petit rebeu très gentil, pas si petit que ça. Il travaille dans le bâtiment. Il m’emmène jusqu’à Fabrègues. Je visite rapidement puis me remets en route. Je marche en tendant le pouce. Au bout de pas très longtemps un petit vieux avec un gros accent s’arrête. Je rentre dans sa voiture. Il parlait mais je n’écoutais pas trop, j’étais fatigué.

Il m’expliquait plus ou moins là où quelqu’un s’était blessé, en mettant sa main sur ma jambe ! Je le regarde de manière méchante « tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà mort ! ». Il dit, « je te montrais, c’est tout » avec son accent qui roule. Il recommence un peu plus loin, sans aucun alibi. Je lui explique alors que je préfère les Madame, ce  quoi il répond un « Je suis pas pédé moi non plus, j’ai une femme ! Seulement, j’aime bien caresser… » toujours avec son accent caricatural. J’essaie de ne plus lui parler pendant le trajet.  Juste avant de me déposer, il récidive. J’ai eu très peur.


Heureusement, quelques temps après, un camioneur, bien moins lubrique, et très gentil me prend stop. Il se dirige vers le Portugal, chargé de bouteilles vides. Il a énormément voyagé avant, quand travaillait dans les bateaux. Il s’appelle Alfredo. On a beaucoup parlé, de Marseille, de la France, et du Portugal et c’était trop cool. On s'arrête à la sortie Ouest de Béziers pour sa pause, d'où une dame m'a conduit au centre ville. J'ai galéré à trouver où dormir, j'ai demandé à un domaine l'autorisation de planter ma tente au milieu des vignes. 



Rencontres à Montpellier

Je suis arrivé à Montpellier après être allé à la féria de Nîmes. J’ai visité un peu et j’ai dormi une première nuit à l’auberge de jeunesse, puis une seconde nuit chez Chloé : ma pote, qui est dans une école d’architecture à Montpellier et qui y habite. Elle est très gentille et toute mignonne avec ses cheveux rouges et ses habits loufoques. On a réfléchi à une de ses maquettes puis elle est partie dormir chez la colloc de son mec, je n’ai pas vraiment compris pourquoi elle s’auto éjectait de chez elle mais j’ai passé une bonne journée en sa compagnie.

Le lendemain matin je voulais repartir mais ça ne s’est pas vraiment fait. Le temps était changeant. J’ai repris une nuit à l’auberge de jeunesse parce que Nico ne me répondait pas. Mehdi c’est le musicien spiritualo bizarre que j’ai rencontré à l’auberge de jeunesse. Quand je rentre dans la chambre, il est au téléphone, il a un bandeau rose et noir et il dit des choses complétement psychadéliques. Je ne sais pas comment dire. Quand je reviens, j’essaie d’ouvrir la porte, je n’y arrive pas. Il ouvre la porte tout en douceur avec de grands gestes amples, lents et complètement maîtrisés, tous ces gestes sont comme ça. Je le vois avec  sa djellaba et sa chemise. Il y’avait une espèce de prestance déroutante. Il me parlait doucement en m’appelant « mon ami », puis quand on a commencé à sympathiser, « camarade ». C’est un ancien matheux qui a aussi fait l’armée qui en a eu marre et est parti comme ça.


Il m’explique ses histoires de spiritualité liée à la musique. Il me dit, quand je lui demande où il va,  qu’il va rejoindre ses pères, dans les étoiles. Après il m’a expliqué, qu’il partait à Sète jouer du Brassens pour un hommage, mais dans l’ensemble il faisait un voyage sans destination fixe, juste pour se resituer lui-même. Je me propose d’y aller avec lui enjoué. Après tout il a l’air gentil, et il l’est.  Un coréen entre dans la chambre, il ne parle pas français et il visite l’Europe. On se met à lui faire écouter du Brel, Piaf, Nougaro, La Fonky Family, IAM. Il est super gentil et on décide de passer la soirée tous les trois. Mehdi se décide à nous faire un thé noir de très grande qualité mais on n’a pas de matériel ce qui l’agace.  Je commence à me dire que ce n’est peut-être pas une bonne idée. On passe pourtant une très bonne soirée sur la terrasse, calme. On parle musique, religion, Mehdi fait des massages, en écoutant de la musique classique. Des gens jouent de la musique plus bas, et ça se mélange sous un joli ciel étoilé.


Le matin, Mehdi était assez différent, il semblait bipolaire. Nous avons discuté un peu puis sommes repartis chacun de notre côté. 

Quelques photos de Nîmes







Une journée de trajet

Au départ de Marseille, il ne fait pas beau, le ciel est triste. Il a plu les derniers jours, tout est mouillé et il pleuviotte. Au bout d’une petite demi-heure un gars s’arrête. Il travaille à Gignac. Après cette route, je reprends le stop. Un charpentier gitan me propose d’aller travailler avec lui. Finalement je ne le fais pas car si je devais le faire c’est au moins pour une semaine et que je suis à quelques 200m de Marseille.

Après j’avance, j’avance. Je marche pendant assez longtemps. Je reprends le stop. Au bout d’une heure, un mec s’arrête. Il était déjà passé, et a fait demi-tour pour venir me chercher car il m’avait vu à son premier passage. C’est un petit rebeu de cité qui est au chômage, et c’est encore une vieille voiture qui ressemble à une 205. Lui aussi a connu pas mal de galère. Il me dit qu’il me prend en stop car il se souvient que quand il était en difficulté il aurait bien aimé qu’on l’aide.

Un autre plutôt sympa me dit qu’il me dépose à Chateauneuf-les-Martigues, car il va là-bas pour un business, bien qu’apparement il soit au chômage aussi.  Je fais une pause à Leclerc pour acheter à manger. Leclerc m’a d’ailleurs l’air d’être le moins cher et j’aime bien leur produit.



Après un certain temps d’attente, une dame, la cinquantaine, s’arrête et s’engueule avec les gens derrière qui râlent et klaxonnent parce qu’elle bloque une partie de la route. C’est assez marrant car c’est une dame du sud, qui s’engueule avec tout le monde, qui a la niaque et qui est super gentille. Elle me racontait qu’elle prenant toujours les autostoppeurs, et les amenait souvent plus loin que là où elle allait. Elle voulait aider un monsieur qui avait un problème avec son camion. Elle était très gentille et me fait penser à l’adorable mère d’un ami. Elle me dépose sur un rondpoint vers Istres, même si elle n’allait qu’à Martigues (petit détour pour elle, je lui en suis reconnaissant).

Au bout d’une heure et demi, un ingénieur de chez Dassault s’arrête dans une belle voiture bleue, Renault. Dassault fabrique aussi des avions civils, on a passé tout le trajet à parler de ça et de la feria. Il habite à Nîmes et travaille à Martigues. Il rentrait chez lui et m’a déposé directement au camping. C’est un gars très sympa, avec un physique banal, des cheveux blancs relativement épais et un petit accent.

De tout le trajet, c’est le seul qui avait une voiture récente.  

Cannes la galère

On me dépose à Cannes. Il doit être 19h. Je me ballade un peu dans tous les sens pendant longtemps. Je vais voir le foyer de jeunes travailleurs, qui finalement est plein. Je vais sur la croisette. Je vois les préparations du festival. Je rentre dans un hôtel 4 étoiles pour leur demander une carte de la ville. Je continue à avancer, et comme je ne sais pas où dormir je plante ma tente sur la plage.

Il y a beaucoup de gens qui passent et de voitures. Sur la croisette il y’a plein de blondes américaines qui disent toute « And i was like… Oh my godness ! ». Ridicule. Tout ce brouhaha, plus les lampadaires, m’empêchent de dormir. Il y a même des gens qui ont essayé, plus tard, de faire des sexualités à côté de ma tente, alors qu’ils avaient bien vu que j’étais là, et que la plage était immense. Je les ai dégagés.  J’appelle Marwa, qui ne répond pas. Je vais me baigner. Je prends la douche sur la plage vers minuit. Je fais des dessins énormes, énormes, énormes, sur le sable. Je parle avec un mec pour lui demander si mes dessins sont lisibles, au milieu de la nuit, et nous discutons un peu. Malheureusement le matin, alors que je voulais prendre les photos, ils avaient nettoyé la plage et mes dessins avec. Quand je me suis réveillé j’ai parlé avec les gens qui nettoyaient, ainsi qu’ avec un mec qui cherchait des pièces avec un détecteur de métaux.

Le lendemain matin je vais me poser dans un parc rapidement pour réflechir à mon programme, et le temps que je m’assois, une dame, qui me prend pour un sdf vient me parler. Il suffit que je lui dise que je ne suis pas SDF pour qu’elle disparaisse à une vitesse extraordinaire.

Il y’avait dans la ville, plein de vieilles blondes peroxydées qu’on ne saurait différencier les unes des autres et des vieux monsieur habillés comme des macs des années 60 aux états unis. On sent le festival de Cannes approcher.



J’ai voulu partir et personne ne m’a pris, j’ai beaucoup marché, j’ai fait un très grand tour autour de Cannes à pied, je suis arrivé dans un autre village, puis je suis revenu par Cannes nord. Il faisait très lourd, c’était horrible, personne ne me prenait en stop, il y avait des gens qui passaient en vélo et ne me répondaient même pas quand je leur adressais la parole. J’étais complétement perdu. Je suis arrivé épuisé au camping du Canet, après avoir grimpé une immense côte.  

Cette nuit-là je dors en face du camping, car j’arrive trop tard pour y entrer, et je meurs de soif. Le lendemain matin, pour charger mon téléphone, j’entre dans un bar gay, et les gens sont gentils à part de vieilles dames qui parlent comme dans un épisode de Desesperate Housewives. Je retourne sur la croisette.
Je me suis assis en face d’un hôtel car j’étais fatigué de marcher. Des vigiles sont sortis, me dire que je n’avais pas le droit de rester là, alors même que je n’étais pas dans l’hôtel, mais sur le banc en face. J’étais trop épuisé pour réagir et m’énerver.

J’ai passé trois nuits à Cannes. Peu d’échanges finalement. Je me suis rendu compte que mon projet, c’était une galère programmée. Personne ne voulait me prendre en stop. La première fois, j’ai attendu qu’on me prenne en stop, et marché pendant 7 heures, il n’y a pas eu une personne, qui se serait arrêté, ne serait-ce que pour 200m. Rien ! Alors qu’il y avait pas mal de trafic. Quand je me promenais dans la ville, les gens me regardaient bizarrement. Les jours suivant, ce fut pareil, jusqu’à ce que quelqu’un m’amène à Marseille.

A l'abordage

Me voici enfin vraiment parti !


Au bout d’une demie heure une petite voiture s‘arrête .Une vielle 205 blanche avec à son bord un homme de la même condition. C’est un petit monsieur aux cheveux grisonnant, avec un visage lumineux et bienveillant : Jean-François. Il débarasse le fouilli entreposé sur le siège passager, et me demande où je vais (malgré ma pancarte stipulant « peut importe »).  Je lui réponds donc « peu importe », pendant qu’il me raconte qu’il sort du sport, raison qui explique le tas de matériel sur le siège. Il m’indique alors qu’il rentre à son domicile, à Cagnes. La discussion va bon train. On parle de stop, de mon voyage. On parle surtout de lui, un personnage passionnant qui a fait beaucoup de stop étant plus jeune et a arpenté le monde. Il continue aujourd’hui, par le biais de son métier d’infirmier, de voyager lors de missions humanitaires. Il fait un petit détour pour m’arranger et finit par me déposer sur une route nationale en me disant que ce sera sûrement mieux. Je me rends compte qu’il n’a pas forcément saisi le concept de mon projet quand il me conseille, avant de me quitter, de faire un plan de mes prochaines escales.

Arrivé à Cagnes, j’attends deux heures, et une camionnette blanche s’arrête. Un homme, la trentaine, les cheveux long, que l’on pourrait assimiler à un hippy, qui se sert de cette fourgonnette toute aménagée pour faire de grands voyages avec sa femme et ses enfants. Il allait justement les chercher à la gare d’Antibes. Je monte à bord. Il me raconte qu’il a aussi fait beaucoup de voyages, dont pas mal en stop. C’est très intéressant, il est assez sportif et fait de grandes marches dans les Pyrénées. Il m’explique les coins à voir dans les environs et me montre des photos de ses enfants, que je rencontrerai furtivement lorsqu’il me déposera à Antibes.  



Premier point intéressant pour mon étude, c’est qu’il ait aussi fait du stop plus jeune, comme beaucoup des automobilistes qui s’arrêteront pour m’emmener.

Visite de Nice et de la villa Arçon

On a visité Nice avec le cousin de Julie. On s’est baladés, avec une glace. On a cherché une serviette pendant des heures, et la seule serviette qu’on a trouvé sans être en microfibre était à 40€, on  du coup acheté la serviette en microfibre. C’était à Décathlon. Tout était très cher dans les serviettes, je ne sais pas pourquoi. Ça m’a choqué.



On a vu les petites ruelles mignonnes de Nice, l’extraordinaire foule des touristes hors période de vacances scolaires, et une cathédrale, la mer, des caméras de partout, et des flics qui tournent tout le temps. Bref, Nice.


Julie m’a aussi amené, à plusieurs reprises à la Villa Arçon. C’est son école. J’ai voulu m’incruster à un cours, mais je n’ai pas pu. Je me suis promené dans l’atelier des premières années, et c’était super. Il y’avait pleins d’artistes trop cool. Il y’avait un mec qui enlevait la mousse d’un matelas pour mettre du gazon à la place, un graffeur qui s’exclamait « un vrai graffeur a fait un train, sinon, t’es pas graffeur », une demoiselle qui voulait effacer des graffs avec de la peinture blanche partout, et qui annonçait ça en épilant une brosse à chiotte pour y mettre des plumes. Ils avaient plein de concepts rigolos, et l’atelier lui-même était rigolo car il y’avait plein de trucs partout. Quand on visite l’école il y a plein de créations partout, il y avait par exemple un rideau en faux saucisson, sur 4 rangés.  




Première étape : Nice et ma pancarte

Il faisait très nuit quand je suis arrivé à Nice. Je rejoins Julie quand elle arrive au tramway de la gare. On voulait aller au Macdo duquel on s’est fait rejeter comme d’une boîte de nuit, sans doute  pour une bonne raison. Julie boîte à mes côtés, et nous allons manger ailleurs. 

C’est une toute petite lesbienne handicapée. Mais Julie ce n’est pas que ça, elle est très forte, rigolote, s’intéresse à pas mal de trucs. Il s’agit d’une ancienne rageuse qui a la niaque. Inscrite l’école nationale supérieure d’art de Nice, c’est une artiste très talentueuse issue du graffiti. J’ai du mal à faire un portrait complet, je ne sais pas, c’est Julie quoi !  

Bref, c’est elle qui créera ma pancarte, affublée d’une belle faute d’orthographe, que mes parents, ma sœur, et l’ensemble de l’humanité n’ont de cesse de souligner.  Elle est pourtant magnifique, cette faute. Et la pancarte est plutôt jolie. A vrai dire j’en étais fier. Elle était lisible, élégante et colorée !

Tadadam !

Le départ est imminent !

Le vagabond volontaire

Introduisons nous :

Je me nomme Elias, j’ai 18 ans. Je suis étudiant en première année d’histoire à Aix en Provence, j’habite à Marseille, je ne supporte pas d’avoir à faire ce type de présentation car cela me semble impossible, et horriblement ennuyeux à faire comme à lire. Vous n’avez pas besoin de savoir que j’apprécie le rap et le reggae pour comprendre mes motivations je préférerais qu’elles apparaissent dans les parties suivantes. J’espère qu’à travers la description de mon projet, vous apprendrez à me connaitre. Néanmoins, j’ai réalisé ce petit schéma pour vous aider à me cerner. 

Le voyage aléatoire

Au départ de Marseille, je compte entreprendre un voyage aléatoire en stop, et proposer aux automobilistes de choisir ma destination. Appréhender le voyage comme facteur de lien social et faire le choix de destinations et de rencontres aléatoires pour apporter un regard nouveau sur une réalité sociologique.


De moins en moins de gens font du stop et/ou prennent des gens en stop. Pourtant dans notre monde d’anonyme qui n’échange que par Facebook c’est un acte solidaire mais aussi d’échange une occasion de discuter avec un inconnu une chance de faire un voyage interactif.
 Les vagabonds sont partiellement sédentarisés il devient rare d’en croisé a l’exception des « Punks à chiens » et et des gens du voyages nos routes son colonisé par des trajet quotidiens banals type travaille-maison et en été par des hordes de citadins assoiffé de mer et de tranquillité partant s’entasser sur des plages bruyantes et pollués. Aujourd’hui, le vagabond n’a plus la place qu’il  avait à l’époque médiévale ou il se mêlait aux pèlerins et pouvait demander « l’assiette du pauvre à des inconnus »
De ce que j’en ai observé les quelques fois où j’ai fait du stop j’ai émis l’hypothèse selon laquelle la vision d’un monde dangereux emplis de violeurs et d’assassins véhiculer par les medias dissuade une certaine population de prendre en stop ou d’en faire c’est pourquoi c’est créer une véritable communauté parmi les  « courageux » qui savent qu’ils sont peu nombreux donc précieux ont une certaine faciliter a échanger entre eux.