On
me dépose à Cannes. Il doit être 19h. Je me ballade un peu dans tous les sens
pendant longtemps. Je vais voir le foyer de jeunes travailleurs, qui finalement
est plein. Je vais sur la croisette. Je vois les préparations du festival. Je
rentre dans un hôtel 4 étoiles pour leur demander une carte de la ville. Je
continue à avancer, et comme je ne sais pas où dormir je plante ma tente sur la
plage.
Il y
a beaucoup de gens qui passent et de voitures. Sur la croisette il y’a plein de
blondes américaines qui disent toute « And i was like… Oh my godness ! ».
Ridicule. Tout ce brouhaha, plus les lampadaires, m’empêchent de dormir. Il y a
même des gens qui ont essayé, plus tard, de faire des sexualités à côté de ma
tente, alors qu’ils avaient bien vu que j’étais là, et que la plage était immense.
Je les ai dégagés. J’appelle Marwa, qui
ne répond pas. Je vais me baigner. Je prends la douche sur la plage vers
minuit. Je fais des dessins énormes, énormes, énormes, sur le sable. Je parle avec
un mec pour lui demander si mes dessins sont lisibles, au milieu de la nuit, et
nous discutons un peu. Malheureusement le matin, alors que je voulais prendre
les photos, ils avaient nettoyé la plage et mes dessins avec. Quand je me suis
réveillé j’ai parlé avec les gens qui nettoyaient, ainsi qu’ avec un mec qui
cherchait des pièces avec un détecteur de métaux.
Le
lendemain matin je vais me poser dans un parc rapidement pour réflechir à mon programme,
et le temps que je m’assois, une dame, qui me prend pour un sdf vient me
parler. Il suffit que je lui dise que je ne suis pas SDF pour qu’elle
disparaisse à une vitesse extraordinaire.
Il y’avait
dans la ville, plein de vieilles blondes peroxydées qu’on ne saurait
différencier les unes des autres et des vieux monsieur habillés comme des macs
des années 60 aux états unis. On sent le festival de Cannes approcher.

J’ai
voulu partir et personne ne m’a pris, j’ai beaucoup marché, j’ai fait un très
grand tour autour de Cannes à pied, je suis arrivé dans un autre village, puis
je suis revenu par Cannes nord. Il faisait très lourd, c’était horrible,
personne ne me prenait en stop, il y avait des gens qui passaient en vélo et ne
me répondaient même pas quand je leur adressais la parole. J’étais complétement
perdu. Je suis arrivé épuisé au camping du Canet, après avoir grimpé une
immense côte.
Cette
nuit-là je dors en face du camping, car j’arrive trop tard pour y entrer, et je
meurs de soif. Le lendemain matin, pour charger mon téléphone, j’entre dans un
bar gay, et les gens sont gentils à part de vieilles dames qui parlent comme
dans un épisode de Desesperate Housewives. Je retourne sur la croisette.
Je
me suis assis en face d’un hôtel car j’étais fatigué de marcher. Des vigiles
sont sortis, me dire que je n’avais pas le droit de rester là, alors même que
je n’étais pas dans l’hôtel, mais sur le banc en face. J’étais trop épuisé pour
réagir et m’énerver.
J’ai
passé trois nuits à Cannes. Peu d’échanges finalement. Je me suis rendu compte
que mon projet, c’était une galère programmée. Personne ne voulait me prendre
en stop. La première fois, j’ai attendu qu’on me prenne en stop, et marché
pendant 7 heures, il n’y a pas eu une personne, qui se serait arrêté, ne
serait-ce que pour 200m. Rien ! Alors qu’il y avait pas mal de trafic. Quand
je me promenais dans la ville, les gens me regardaient bizarrement. Les jours
suivant, ce fut pareil, jusqu’à ce que quelqu’un m’amène à Marseille.